Créer une SASU en 2026 revient à environ 225 € TTC de frais administratifs obligatoires en France métropolitaine. Mais, ce montant ne représente qu’une partie de la facture, la rédaction des statuts, le dépôt du capital et le type d’accompagnement retenu peuvent porter le budget à quelques centaines, voire quelques milliers d’euros. Pour éviter les mauvaises surprises, mieux vaut distinguer les dépenses définitivement engagées, l’argent apporté à la société et les charges qui suivront le lancement.
Quel est le coût de création d’une SASU selon l’accompagnement choisi ?
Le prix final dépend surtout de la façon dont vous préparez le dossier. Les formalités légales restent payantes même si vous menez seul toutes les étapes pour créer une SASU, alors que les honoraires varient fortement d’une option à l’autre. Voici les ordres de grandeur à retenir pour une activité commerciale classique dont le siège se situe en métropole.
- Les frais obligatoires s’élèvent à environ 225 € TTC, 170,40 € pour l’annonce légale, 33,83 € pour l’immatriculation et 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs.
- En création autonome avec des statuts rédigés soi-même, le budget reste proche de ces 225 €, hors frais bancaires et capital social.
- Via une plateforme juridique en ligne, l’enveloppe globale se situe généralement entre 400 et 900 € selon les options.
- Avec un avocat ou un expert-comptable, il faut compter de 800 à 3 000 €, et davantage pour un dossier complexe.
- Le dépôt du capital peut ajouter de 0 à 150 € selon l’établissement choisi.
Une société de services sans apport en nature ni clause particulière n’a pas les mêmes besoins qu’une structure destinée à accueillir rapidement des investisseurs. Le bon budget se mesure donc au niveau de sécurisation juridique nécessaire, pas seulement au tarif affiché.

Annonce légale, greffe et bénéficiaires effectifs
La publication d’un avis de constitution dans un support habilité est obligatoire, et son prix est fixé chaque année par arrêté, quel que soit le journal choisi. Pour 2026, le forfait s’établit à 142 € HT en métropole et dans la plupart des territoires d’outre-mer, contre 167 € HT à La Réunion et à Mayotte.
Une annonce affichée hors taxes représente une sortie de trésorerie plus élevée une fois la TVA de 20 % ajoutée, soit 170,40 € TTC. Relisez bien chaque mention avant validation, car une erreur impose un avis rectificatif payant.
Le dossier est ensuite transmis au guichet unique des formalités des entreprises. L’immatriculation au RCS coûte 33,83 € pour une activité commerciale et la déclaration des bénéficiaires effectifs ajoute 19,33 €. Dans une SASU détenue directement par une personne physique, le bénéficiaire effectif est normalement l’associé unique.
Rédaction des statuts, faire soi-même, en ligne ou avec un professionnel ?
Les statuts constituent le poste qui fait le plus varier la facture. La grande liberté offerte par la SASU rend sa rédaction délicate, une clause imprécise peut bloquer une opération future. Les rédiger vous-même à partir d’un modèle coûte 0 € d’honoraires, mais demande du temps et une bonne compréhension des règles. Pour une société de services, un objet social trop étroit obligera par exemple à modifier les statuts dès l’ajout d’une activité complémentaire.
Une plateforme juridique facture généralement entre 100 et 500 € d’honoraires, hors frais légaux selon l’offre. Entre deux forfaits proches, l’écart tient souvent à l’assistance humaine et à la gestion des régularisations demandées par le greffe. Vérifiez toujours si l’annonce légale et les frais de greffe sont inclus, car un prix d’appel n’est pas le coût final.
Un avocat ou un expert-comptable propose une mission de constitution simple autour de 500 à 2 000 € d’honoraires. Une rédaction sur mesure avec des clauses particulières peut atteindre 2 500 € ou davantage. Cet accompagnement se justifie surtout en cas d’apports en nature ou d’ouverture du capital envisagée.
Capital social, un apport à la société
Une SASU peut être constituée avec 1 € de capital. Ce minimum légal ne suffit pourtant ni à financer le démarrage ni à rassurer une banque ou un fournisseur. Le capital n’est ni un honoraire ni une taxe.
Après le déblocage des fonds, cette somme finance les dépenses de la société mais ne redevient pas librement disponible pour l’associé. Pour les apports en numéraire, la moitié au moins doit être libérée à la constitution, le solde pouvant être versé dans un délai de cinq ans.
Un consultant qui apporte 1 000 € peut ainsi financer ses premiers logiciels et abonnements sans emprunter. Les apports en nature peuvent en revanche nécessiter un commissaire aux apports lorsque les conditions de dispense ne sont pas réunies, ce qui alourdit nettement la note.
Domiciliation, banque et assurance, les frais annexes du démarrage
Domicilier la société chez son président évite un abonnement, sous réserve des règles applicables au logement. Une société de domiciliation facture généralement entre 10 et 70 € par mois, avec des suppléments pour la réexpédition du courrier.
Le compte bancaire professionnel coûte souvent entre 10 et 50 € par mois. Comparez surtout ce qui compte pour votre activité, moyens de paiement, nombre de virements et frais d’encaissement.
L’assurance professionnelle dépend du métier et du chiffre d’affaires. Elle tourne autour de quelques centaines d’euros par an pour une activité peu exposée et devient obligatoire pour certaines professions réglementées, comme les métiers du bâtiment soumis à la garantie décennale.

Un budget de lancement qui va au-delà des formalités
Les formalités obligatoires ne pèsent qu’environ 225 € dans la création d’une SASU, mais l’accompagnement retenu, le capital apporté et les premiers mois de fonctionnement composent l’essentiel de l’effort financier. Avant de déposer votre dossier, réunissez ces postes dans un tableau distinguant dépenses, apports et charges mensuelles.
Une société créée au moindre coût n’est réellement économique que si elle dispose des moyens de fonctionner. Mieux vaut payer quelques centaines d’euros pour des statuts solides que financer plus tard une modification évitable.
