Un vol en réserve, une vitrine abîmée la nuit : pour le dirigeant d’une TPE, la vidéosurveillance sert d’abord à savoir ce qui se passe en son absence. Avec une caméra Hikvision, cet accès peut passer par l’application Hik-Connect. Reste à décider qui voit quoi et dans quelles limites, car ce que l’application permet dépasse ce que la loi autorise.
Avant de chiffrer un projet, un revendeur spécialisé en vidéosurveillance tel que w3cam.fr permet de comparer les modèles et leurs fiches techniques.
Caméra Hikvision et Hik-Connect : ce que le dirigeant voit à distance
Hik-Connect est le logiciel de Hikvision pour consulter et gérer ses équipements, sur mobile comme sur un portail web. Il donne accès au direct, à la relecture des enregistrements et aux notifications. Le service s’active dans l’appareil : avant l’achat, mieux vaut vérifier que l’enregistreur et chaque caméra Hikvision retenus le prennent en charge.
Mode personnel ou mode équipe
Le mode personnel vise surtout la maison, Hikvision citant le petit commerce de proximité parmi ses usages types. Le mode équipe, présenté en octobre 2023 sous le nom Hik-Connect for Teams, s’adresse aux PME et aux organisations à plusieurs sites ou plusieurs utilisateurs : bureaux, chaînes de magasins, résidences.
La différence tient aux comptes. Selon le fabricant, un compte n’autorisait auparavant qu’un identifiant, que l’entreprise devait partager pour donner l’accès à plusieurs personnes. En mode équipe, un administrateur principal crée un compte multi-utilisateur avec des rôles prédéfinis et règle les niveaux d’accès de chacun selon ses fonctions.

Qui regarde les images : une décision avant d’être un réglage
La CNIL réserve le visionnage des images enregistrées aux personnes habilitées par l’employeur, dans le cadre de leurs fonctions, et formées aux règles de la vidéosurveillance ; l’accès doit être sécurisé pour éviter que tout le monde puisse les voir.
L’accès depuis un téléphone doit être sécurisé (mot de passe robuste, connexion https), et il ne doit pas conduire à surveiller les employés pour leur faire des remarques sur la qualité de leur travail. La CNIL rapporte le cas d’une caméra placée au-dessus d’un poste, qui plaçait l’employé sous surveillance permanente et constante, le gérant pouvant voir les images en temps réel sur son téléphone : dispositif jugé manifestement excessif, mise en demeure, puis sanction publique et financière après le refus de l’employeur de se conformer à la loi.
L’installateur : des droits limités dans le temps
Hik-Connect permet de partager ses appareils avec un installateur, via son compte Hik-ProConnect (Hik-Partner Pro), sans lui donner le mot de passe. Le propriétaire choisit les fonctions autorisées et la durée du service, et consulte le journal de ses opérations. L’installateur n’accède à aucune vidéo sans autorisation : le droit de configurer les appareils se distingue de celui de prévisualiser, relire ou télécharger des vidéos. Les images enregistrées étant réservées aux personnes habilitées, relire ou télécharger ne s’accorde pas à l’installateur par commodité.
Installer une caméra Hikvision au travail : ce que dit la CNIL
Les caméras peuvent filmer les entrées et sorties, les issues de secours, les voies de circulation et les zones où sont entreposés des marchandises ou des biens de valeur. Elles ne doivent pas filmer les employés sur leur poste de travail, sauf circonstances particulières : par exemple, pour un employé qui manipule de l’argent, la caméra doit filmer davantage la caisse que le caissier. Sont exclus les zones de pause ou de repos, les toilettes, les locaux syndicaux ou des représentants du personnel, et leur accès lorsqu’il ne mène qu’à ces seuls locaux.
Les instances représentatives du personnel doivent être informées et consultées avant toute décision d’installer des caméras. Employés et visiteurs doivent être informés par des panneaux affichés en permanence, de façon visible ; la fiche de la CNIL détaille leurs mentions minimales.
La durée de conservation est fixée par l’employeur selon l’objectif. En principe, elle n’excède pas un mois, quelques jours suffisant en règle générale, et elle ne doit pas être fixée en fonction de la seule capacité de stockage de l’enregistreur. Des caméras qui couvrent l’entrée du public, la zone marchande ou la caisse filment un lieu ouvert au public : le dispositif doit être autorisé par le préfet du département (le préfet de police à Paris), et une analyse d’impact (AIPD) doit être menée s’il conduit à une surveillance systématique à grande échelle d’une zone accessible au public. Pour une réserve, aucune formalité auprès de la CNIL, mais une inscription au registre des traitements. Le détail figure dans la fiche de la CNIL sur la vidéosurveillance au travail.
Budget des caméras Hikvision : les postes à prévoir
Le coût dépend du local et du matériel : caméras, enregistreur et disque, câblage, pose et paramétrage. Pour l’enregistrement, les fiches des enregistreurs vidéo Hikvision indiquent le nombre de caméras et de disques acceptés ; la capacité du disque se calcule à partir de la durée de conservation décidée, et non l’inverse. Hikvision propose aussi certains services de Hik-Connect, comme l’intelligence artificielle dans le cloud, sous forme de licences mensuelles, annuelles ou à vie ; la maintenance à distance se discute avec l’installateur.
Avant de signer un devis, le dirigeant tranche cinq points : zones filmées, personnes habilitées, droits de l’installateur, durée de conservation et autorisation du préfet si un lieu ouvert au public est filmé. Une caméra Hikvision bien paramétrée protège le local sans faire de l’application un outil de surveillance des salariés.
