Combien de semaines de congé maternité pouvez-vous réellement poser et quel montant d’indemnités journalières allez-vous percevoir chaque mois ? Ces deux questions, en apparence simples, cachent un calcul qui dépend du nombre d’enfants attendus, du nombre d’enfants déjà à charge et du salaire perçu avant l’arrêt de travail. Comprendre la méthode de calcul permet d’anticiper sereinement son budget et d’organiser son emploi du temps professionnel avec précision.
Comment calculer la durée de son congé maternité
La durée du congé maternité se calcule à partir de deux critères principaux, le rang de l’enfant à naître et le nombre d’enfants déjà à charge. Le Code du travail fixe une base de 16 semaines pour un premier ou un deuxième enfant, réparties entre la période prénatale et la période postnatale.
- 1er ou 2e enfant : la durée totale s’élève à 16 semaines, réparties en 6 semaines avant la naissance et 10 semaines après
- 3e enfant ou plus : la durée totale passe à 26 semaines, réparties en 8 semaines avant la naissance et 18 semaines après
- Jumeaux : la durée totale atteint 34 semaines, sans distinction stricte entre les deux périodes
- Triplés ou plus : la durée totale grimpe jusqu’à 46 semaines
Ce calcul de base peut être ajusté en cas de grossesse pathologique, qui ouvre droit à deux semaines supplémentaires avant l’accouchement, ou en cas d’état pathologique après la naissance, avec quatre semaines additionnelles sur prescription médicale.
Une naissance prématurée ne pénalise jamais la salariée, les semaines prénatales non consommées sont automatiquement reportées sur la période postnatale. Une fois cette durée établie, il devient possible d’estimer le second volet du calcul, celui du montant des indemnités journalières versées pendant le congé, qui dépend du salaire brut, du plafond de la Sécurité sociale et de l’abattement forfaitaire appliqué chaque mois.
Comment calculer le montant des indemnités journalières
Le calcul des indemnités journalières repose sur le salaire brut perçu au cours des trois mois précédant le début du congé, ou des douze derniers mois pour les salariées agricoles. L’Assurance Maladie retient un salaire journalier de base obtenu en divisant ce total par 91,25 jours, puis applique un prélèvement forfaitaire de 21 % correspondant aux cotisations sociales.
Ce montant ne peut jamais dépasser le plafond fixé chaque année par la Sécurité sociale, soit 104,02 euros par jour net en 2026. À l’inverse, un montant plancher garantit un revenu minimal aux salariées dont le salaire habituel est modeste. Les indemnités sont ensuite versées tous les 14 jours, week-ends et jours fériés inclus, pendant toute la durée du congé.
Anticiper ou reporter le calcul de son congé
Le Code du travail autorise un décalage du point de départ du congé prénatal, sous réserve d’un avis médical favorable. Reporter le début du congé de trois semaines, par exemple, prolonge d’autant la période postnatale, ce qui permet de recalculer la répartition globale sans perdre de semaines.
Cette option séduit un nombre croissant de futures mères, car elle offre davantage de temps auprès du nourrisson après la naissance. À l’inverse, un état de santé fragile peut justifier un arrêt anticipé, avec un report identique des semaines non prises avant l’accouchement vers la période postnatale.

Maintien de salaire et subrogation, leur effet sur le calcul
Certaines conventions collectives prévoient un maintien intégral du salaire pendant le congé maternité. Dans ce cas, l’employeur continue de verser la rémunération habituelle, puis se fait rembourser directement par l’Assurance Maladie grâce au mécanisme de la subrogation, ce qui simplifie le calcul pour la salariée.
Pour les professionnelles indépendantes, le calcul suit une autre logique, elles perçoivent des indemnités journalières forfaitaires ainsi qu’une allocation de repos maternel, sous réserve de justifier de dix mois d’affiliation à leur régime social. Ces montants forfaitaires ne dépendent pas directement du chiffre d’affaires réalisé.
Démarches pour calculer et déclarer son congé maternité
Pour obtenir un calcul précis de ses droits, la salariée doit informer son employeur par écrit de la date prévue de départ, puis transmettre un certificat médical attestant l’état de grossesse et la date présumée d’accouchement. Une déclaration doit également être adressée à la CPAM, ainsi qu’à la CAF ou la MSA selon la situation.
Les femmes en recherche d’emploi peuvent, quant à elles, se rapprocher de France Travail pour vérifier le maintien de leurs droits aux indemnités. Ce contrat bénéficie d’une protection particulière, il est interdit de rompre le contrat de travail pendant toute la durée du congé maternité, ainsi que durant les dix semaines suivant son terme, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat.

Retour au travail, ce qui change après le calcul du congé
Une fois le congé terminé, la salariée retrouve son poste ou un poste équivalent, assorti des augmentations collectives perçues par ses collègues durant son absence. Une visite médicale de reprise doit être organisée par l’employeur afin de vérifier la compatibilité entre l’état de santé et le poste occupé.
Un entretien professionnel est également prévu au retour, pour aborder d’éventuels besoins d’aménagement ou de formation. Grâce à cette organisation, le calcul du congé maternité ne se limite pas à une question de dates, il s’inscrit dans une démarche globale de protection de l’emploi et de la carrière.
